CHERUB: L'évolution
 

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 Binôme 2: Viviane Greyjoy et Zoé Kano

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MessageSujet: Binôme 2: Viviane Greyjoy et Zoé Kano   Ven 18 Oct - 15:27

Jour 99 en enfer. Les recrues sont à bout après avoir passé tout ce temps au PEI. Désormais, ils ont 24h à tenir. 24h pour devenir agent opérationnel ou échouer si près du but. Désormais, les voilà qui ont quitté le campus pour l’épreuve finale, qui met les agents dans des conditions environnementales extrêmes, et face à des situations périlleuses. Ils ont pris l’avion en direction de l’Archipel de Svalbard, dans le cercle polaire Arctique. Ce groupe d’îles appartient à la Norvège, bien que ce soit considéré comme un territoire d’outremer Norvégien.

Jour N°99, 1h00 :
Les recrues ont été déposées sur la côte ouest d’une des îles de cet Archipel, l’Île Blanche, ou Kvitoya en Norvégien. Leur objectif sera de traverser cette île d’ouest en est en 24 heures. Ils auront donc jusqu’au jour 100 à 1h00 pour arriver à la côte Est où leur T-shirt gris les attendront. Facile ? Ne vous détrompez-pas. Cette île fait 40 kilomètres de long, ce qui veut dire que vous allez devoir marcher 40 km en 24h. Gérez votre temps comme vous le voudrez, mais ce n’est pas de la tarte.

Faites attention, l’île est submergée par les glaciers, et marcher sans être sur ses gardes peut s’avérer fatal.

Sur ce, Bonne Chance mes chéris Twisted Evil


Voici la situation de cet Archipel sur un planisphère.


Voici la carte de l’Archipel. Vous pouvez voir l’Île Blanche en haut à droite, au nord-est.

Si vous voulez plus de détails, voici des liens utiles :

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/00/Topographic_map_of_Svalbard.svg La carte détaillée.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Svalbard La page Wikipédia de ces Iles.

Les recrues devront poster une fois chacune, puis attendre que le MJ poste, avant de continuer avec 2 postes chacun. Chaque poste devra faire 700 mots minimum. Il sera toléré un délai de 10 jours entre chaque poste, après c’est une élimination directe. (Sauf exception s’adresser au staff le cas échéant).
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MessageSujet: Re: Binôme 2: Viviane Greyjoy et Zoé Kano   Lun 21 Oct - 18:29


- La première chose qui frappa Zoé, ce fut le froid. La température était en-dessous de zéro, et plus proche de  -10°C que de -1, c'était certain. Cependant, la jeune fille avait déjà connu pire, et si elle aurait préféré un petit peu plus de chaleur, elle y survivrait. La marche serait longue, dure, mais c'était largement faisable. Depuis des jours, la recrue était extrêmement anxieuse à l'idée d'échouer si près du but ; elle avait eu peur de ce que Gordon leur avait concocté pour le dernier jour. Elle avait imaginé tout et n'importe quoi, et c'était attendu au pire. Elle savait que cela allait être dur, très dur, et qu'en arrivant enfin au bout – car il était hors de question qu'elle n'y arrive – elle serait totalement épuisée, mais maintenant qu'elle savait exactement ce qu'elle allait devoir faire, et qu'après avoir rapidement fait le calcul, elle se rendait compte que c'était faisable. Et l'espoir venait, puissant, motivant. L'espoir de réussir, de quitter enfin cet endroit, de retourner au campus, de prendre un long bain chaud, de se préparer d'énormes tartines de nutella, et de finalement dormir, dormir pendant des heures, pendant des jours. Elle allait savourer tout ces moments de détente à son retour, c'était une certitude. Mais encore fallait-il pouvait rentrer – et si elle ne pouvait s'empêcher de saliver à l'idée d'un bon repas, elle savait qu'elle n'y était pas encore. Il lui manquait encore vingt quatre heures, peut-être les plus éprouvantes de sa vie entière. Cependant elle ne devait pas décourager. Elle devait réussir.

Zoé se tourna vers sa binôme, Vivane. Au bout de quatre-vingt-dix-neuf jours passés ensemble, à s'entraider constamment, les deux jeunes filles s'étaient beaucoup rapprochées. Elles ne parlaient pas énormément, en tout cas pas pour autre chose que les nécessités du PEI, mais c'était parce que dans un programme aussi dur physiquement et moralement, chaque temps de répit était utilisé pour se reposer, pas pour bavarder. Mais même sans longues conversations ou fous rires complices, Zoé considérait maintenant l'autre adolescente comme une amie. Elle lui lança un sourire encourageant, même si sa bouche n'était pas vraiment visible derrière l'écharpe qui enveloppait son cou et son visage. En effet, les deux jeunes filles portaient plusieurs couches de vêtements chauds, afin de se protéger au maximum de cette température qui, si elle était supportable, pouvait s'avérer dangereuse si elles n'étaient pas assez couvertes. Zoé avait notamment revêtu plusieurs paires de chaussettes, sachant parfaitement que les extrémités du corps étaient les parties les plus vulnérables en cas de grand froid. Elle se sentait un peu pataude, et limitée dans ses mouvements, mais restait tout de même capable de contrôler suffisamment son corps. Et au moins, elle n'avait pas trop froid, et cela s'arrangerait encore lorsqu'elle commencerait à marcher.

Le binôme commença par faire l'inventaire de ce qu'il y avait dans le sac. Soit des rations de nourriture, des couvertures de survie, et tout ce que les instructeurs avaient jugé comme nécessaire. Il y avait aussi quelques objets sans la moindre utilité, comme par exemple une bougie qui, si elle devait faire une jolie décoration dans une pièce d'une maison, n'était pas vraiment indispensable durant cette ultime épreuve. Elles firent donc le tri, et au final, leurs sacs se révélèrent plus légers, et donc plus facilement transportables.

Zoé vérifia dans le tas d'objets abandonnés qu'il n'y avait rien qu'elles auraient pu jeter par mégarde, puis elle tira d'une poche accessible de son sac la carte, visualisant mentalement le trajet qu'elles allaient devoir faire. Il n'y avait aucune difficulté particulière indiquée sur la carte, mais la jeune fille s'inquiétait des éventuelles couches de glace trop fragiles, ou bien de grosses congères formées par le vent qui pourraient les forcer à faire un détour ; certes pas très loin, mais cela pouvait risquer de les détourner de leur objectif, et de les fatiguer encore un peu plus. Dans une épreuve telle que celle-ci, la moindre minute de marche en moins pouvait jouer. Elle espérait aussi qu'il n'y avait pas d'ours polaire qui s'intéresseraient étrangement à la chair tendre de deux recrues, mais ne connaissait pas suffisamment la faune de la région pour pouvoir avoir un véritable avis dessus. Alors elle se contentait d'espérer qu'ils soient absents de cette île, ou tout du moins ne pas tomber par hasard sur un de ces animaux. Les jeunes filles se mirent en route, marchant dans l'épaisse couche de neige, en tâtant devant elle avec des bâtons de ski pour éviter de mettre le pied dans un trou masqué par la poudreuse. Se tordre une cheville, ou tomber dans de l'eau glaciale, étaient des risques qu'elles ne pouvaient pas se permettre de prendre à une journée de la fin du PEI. Ce serait bête d'échouer maintenant juste pour avoir oublié de vérifier l'état du sol devant elles.

Alors elles marchèrent, encore et encore. Zoé avait mis son esprit en mode pilote automatique : elle vérifiait qu'elle pouvait avancer, puis mettait un pied devant l'autre, encore et encore, oubliant le froid et la fatigue, plongée dans ses pensées. Le temps s'étirait, elle n'avait aucune idée du temps depuis lequel elles avaient commencé leur longue randonnée, ni de la distance qu'elles avaient pu parcourir. Et elles continuaient de marcher en silence, avançant toujours un peu plus vers leur objectif. Vers leur T-shirt gris.
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MessageSujet: Re: Binôme 2: Viviane Greyjoy et Zoé Kano   Mar 22 Oct - 10:40

Nous n’étions plus très loin, désormais. Plus très loin de nous voir décerner notre T-shirt gris si ardemment recherché. Nous avions souffert, bataillé, morflé même, mais on était toujours là, Zoé et moi, prêtes à tout pour obtenir ce statut d’agent opérationnel. Six autres recrues étaient dans notre cas, et tous les huit, nous avions été déposés à l’Archipel de Svalbard pour passer l’épreuve finale. Quel endroit idéal pour ça ! Pas de trace d’occupation humaine, ni de la moindre végétation, seulement des glaciers à perte de vue. C’était un paysage magnifique mais qui sentait le danger à plusieurs kilomètres à la ronde.

Zoé et moi avons tout d’abord fait le tri dans nos sacs respectifs, ne voulant pas garder de choses superflues. Je considérais que j’étais déjà bien assez encombrée comme ça avec toutes mes couches de vêtements, et mon sac plus gros que moi. Nous commençâmes ensuite à avancer. Il nous fallait prendre toutes les précautions du monde pour ne pas se faire avoir par la glace. Nous vérifiions tous nos pas, testions chaque parcelle de glace, ne voulant pas qu’elle ne cède à notre poids, certes petit mais significatif. J’étais contente que Zoé ait également tenu le coup, cela m’aurait beaucoup déplu qu’elle ne soit pas là à mes côtés pour cette épreuve finale.

Alors que nous combattions cet environnement extrême et sans pitié, je repensais à l’ensemble du PEI. Qu’est-ce qu’on en avait bavé ! Pour ma part, j’avais plutôt bien supporté, parce que rien ne pouvait me briser lorsque je suis arrivée à CHERUB, car je l’étais déjà. « Ce qui est mort ne saurait mourir » comme je pensais si souvent. C’était cette idée qui me faisait tenir, cette pensée qui me disait « Mais attends, Viviane, comment pourrais-tu te laisser atteindre par ça ? Tu as déjà vécu bien pire ». Et dans la mesure du possible, j’essayais d’entraîner Zoé dans cette dynamique résistante, et on pouvait dire qu’on s’en était bien tirées durant les 99 jours précédents.

Cela faisait environ une heure que nous marchions. J’avais tenté de détendre l’atmosphère en parlant un peu, Zoé avait fait de même, mais il fallait dire les choses comme elles étaient : dans les conditions où nous étions, il n’y avait pas de temps pour des bavardages inutiles. Un peu après, le vent se leva, faisant descendre la température, ou en tout cas, son ressenti. C’était un froid pur, mais impitoyable, on avait l’impression que chaque seconde était un souffle envoyé du Pôle Nord par Eole pour geler nos corps et nos âmes. Heureusement que nos vêtements nous protégeaient, car il aurait été terrible de manquer d’épaisseurs d’habits dans cette situation.

Vint un moment où le vent devint presque intenable pour nous. Nous avancions de moins en moins vite, et nous devions hurler pour nous faire entendre. Je criai donc à l’intention de Zoé qu’il fallait qu’on trouve un endroit un peu à l’abri pour attendre que le vent se calme. Elle était un peu réticente, mais j’insistai, disant qu’on risquait de dévier de notre itinéraire. Ma partenaire approuva donc, et nous trouvâmes un petit tas de neige qui nous protégeait de la bise hivernale qui s’abattait sur nous. J’espérai fortement que toute cette petite tempête se calmerait vite, car si ce n’était pas le cas, nous serions contraintes de continuer à marcher, sans que le vent se soit arrêté, car nous avions un délai à respecter.

J’étais sidérée de voir à quel point cet endroit avait été délaissé par Epona, déesse de la fertilité, lors de la création. Tout était givre, glace, ténèbres. On aurait dit le monde des morts de la mythologie nordique. Je jetais un coup d’œil à Zoé pour vérifier si elle allait bien, car le froid aurait pu avoir des effets plus néfastes sur elle que sur moi. Mais heureusement, elle semblait aller correctement bien. Je regardai ma montre, qui m’indiquait qu’il était deux heures quinze du matin. Il nous fallait repartir vite. En levant la tête, je m’aperçus que le vent s’était un peu calmé, et que nous pouvions continuer. Nous assistâmes alors à un spectacle magnifique qu’il n’était pas donné de voir à beaucoup : les aurores boréales.
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MessageSujet: Re: Binôme 2: Viviane Greyjoy et Zoé Kano   Mar 22 Oct - 21:11

Les deux jeunes filles continuèrent leur périple à travers les glaciers et la nuit jusqu'à ce que le jour se lève. Là, les choses devinrent un peu plus compliquées car la lumière du soleil, qui était très bas, était éblouissante, et empêchait une vue claire et précise. Heureusement, les recrues avaient dans leur sac des lunettes de soleil ultra protectrices, indispensable pour y voir quelque chose. Mais...! Il n'y a qu'un paire de lunettes de soleil dans le sac du binôme 2! Comment allaient-elles faire pour s'en sortir?
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MessageSujet: Re: Binôme 2: Viviane Greyjoy et Zoé Kano   Mer 23 Oct - 20:54

- Les deux jeunes filles avaient marché, encore et encore. Un pied devant l'autre, encore et encore, et petit à petit elles approchaient du but. Mais le vent, qui au début n'était qu'une brise pas vraiment handicapante, avait peu à peu forci jusqu'à devenir assez puissant pour les empêcher de continuer. Zoé ne souhaitait pas ralentir le rythme : elle était fatiguée, mais cette fatigue elle la ressentait depuis quatre-vingt dix-neuf jours, et elle savait qu'elle pouvait encore tenir cette marche longtemps. Néanmoins, Viviane exposa des arguments largement valables, et les deux filles se mirent donc à l'abri derrière un tas de neige. Le temps passa, sans que le binôme ne parla réellement. Il leur fallait économiser leurs forces ; cette dernier journée allait être éprouvante, et elles auraient tout le temps de bavarder plus tard. Dans ses chaussures épaisses, Zoé fit remuer ses orteils, sachant qu'il s'agissait de parties sensibles au froid. Elle fit pareil avec ses mains, soufflant même de l'air chaud dans ses gants. Cela lui permit de retrouver sa sensibilité dans les extrémités de son corps, qu'elle avait perdu durant la marche dans le froid. Malgré la température un peu trop basse à son goût, et le paysage totalement déserté par la végétation, simple plaine blanche et glaciers tout aussi blancs s'étendant à perte de vue, elle trouvait l'endroit tout simplement magnifique. Et cela ne l'aurait pas dérangé de passer plus de temps à observer simplement devant elle, des heures durant.

Mais il fallut bien repartir. Les deux jeunes filles se levèrent ; le vent soufflait moins fort, elles pouvaient à présent se remettre en marche. Elles interrompirent cependant bien vite leur pénible avancée dans la neige pour lever les yeux vers le ciel. Il était sombre ; un ciel nocturne tout ce qu'il y a de plus banal. Enfin ça, c'était quelques instants auparavant. Des trainées vertes, semblant onduler haut dans les cieux, étaient apparus. Des aurores boréales. Zoé resta bouche bée devant ce spectacle. C'était peut-être quelque chose qu'elle ne verrait qu'une seule fois dans sa vie, quelque chose que tout le monde ne pouvait pas se vanter d'avoir vu. Elle se sentait comme hypnotisée par les lueurs ondulant dans le ciel, il lui était tout à fait impossible, même avec toute sa volonté, de réussir à détourner le regard. Et de toute façon, elle n'en avait pas la moindre envie. Son cœur battait à toute rompre, mais pourtant elle se sentait parfaitement calme, comme apaisée. Les larmes lui vinrent aux yeux devant la beauté de ce qu'elle voyait. Combien de personnes avaient-elles eu la chance de voir ça ? Les deux filles se remirent en route, ne pouvant pas perdre de temps, mais ne cessaient de jeter des coups d'œil vers le ciel, tout en faisant cependant attention à ne pas se déconcentrer et à toujours vérifier la stabilité du sol devant elles. Le temps passa, et les lueurs s'estompèrent peu à peu, mais Zoé ne pouvait pas effacer un sourire béât de ses lèvres. C'était probablement la plus belle chose qui lui arrivait depuis le début du PEI. Si elle avait su, quatre-vingt dix-neuf jours plus tôt, qu'elle allait voir une aurore boréale... Peut-être aurait-elle pu tenir encore plus facilement le choc. Mais d'un autre côté, elle était là, et n'avait pas eu besoin de cette motivation supplémentaire.

Étrangement, la jeune fille se mit à penser à Frère des Ours, ce dessin-animé qu'elle avait tant aimé et tant regardé dans son enfance. C'était à cause de cette aurore boréale : elles étaient importantes dans ce film d'animation. Mais elle était ici dans la vrai vie ; et l'aurore ne l'avait pas transformée en ours en la transportant dans les airs. Cela aurait pu être utile, pour rejoindre plus rapidement leur objectif... Cependant elle aimait autant être humaine. Les T-shirts gris ne seraient pas adaptés à la taille d'un aussi gros animal.

Zoé réalisa le cours qu'avaient pris ses pensées, et eut un sourire. Ces prochaines vingt-quatre heures allaient influer sur sa vie ; allaient lui permettre de devenir agent opérationnel ou de devoir s'entrainer à nouveau pour cent jours de torture en plus. Et elle, elle pensait à devenir un ours suite à une aurore boréale, juste parce qu'elle avait trop regardé un certain film d'animation étant petite. Était-ce les humains qui avaient tous des pensées parfois aussi étranges, ou était-elle simplement, elle, complètement folle ?

Les deux filles avaient déjà bien avancé lorsque le soleil commença à se lever. Malheureusement, il se leva face à elles ; et étant bas, proche de l'horizon, il les éblouissait dangereusement. Outre le fait que cela les empêchaient de voir devant elle, cela pourrait aussi s'avérer très risqué pour leurs yeux, surtout que la lumière éclatante se reflétait sur la neige immaculée. Or, aucune des deux ne souhaitaient devenir aveugle. Elles cherchèrent alors dans leurs sacs des lunettes protectrices... Qui malheureusement n'existaient qu'en un seul exemplaire. Un instant elles se demandèrent si elles n'en avaient pas jeter une paire par erreur au début de leur marche – puis elles comprirent que c'était juste un mauvais tour joué par les instructeurs. Il était vrai que tout se déroulait bien trop facilement jusqu'à maintenant... Elles allaient donc devoir se débrouiller avec une seule paire. Ce fut Zoé qui les mit la première, et Viviane, fermant les yeux, posa ses deux mains sur les épaules de sa partenaire. Cette dernière se mit prudemment en route, avançant bien plus lentement qu'auparavant, vérifiant plus attentivement encore la neige devant elle, et faisant attention à ne pas faire de pas en avant trop brusque pour ne pas surprendre sa binôme. Celle-ci devait faire entièrement confiance, et Zoé se doutait que cela ne devait pas être facile, malgré tout le PEI passé à s'entraider. C'était une chose de faire confiance à l'autre pour faire la courte échelle ; c'en était une autre lorsqu'il s'agissait de devenir aveugle et guidé uniquement par une présence invisible, en marchant dans une épaisse couche de neige au milieu des glaciers. D'ailleurs, Zoé redoutait déjà le moment où elles allaient devoir échanger les rôles...
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MessageSujet: Re: Binôme 2: Viviane Greyjoy et Zoé Kano   Ven 25 Oct - 17:09

Le spectacle qu’étaient les aurores boréales fut incroyable. J’étais impressionnée de voir ces choses, que je ne savais pas expliquer, qui avaient leur dimension mystique, et surtout que très peu de gens pouvaient se vanter d’avoir vu. Malheureusement, elles laissèrent vite place au jour, qui transcenda les ténèbres de sa lumière destructrice, aveuglante et fatale. Cette luminosité était si intense que l’on ne voyait presque plus rien, si bien que nous eûmes très vite besoin de paires de lunettes de soleil protectrices, pour le bien de notre rétine, et de notre objectif. Mais en cherchant dans notre sac, nous découvrîmes avec horreur qu’il n’y avait qu’une paire pour deux.

Nous essayâmes alors de nous remémorer l’inventaire de notre sac, pour savoir si on avait jeté une paire par inattention, mais il devint vite clair à nos yeux qu’il s’agissait d’un ultime tour joué par les instructeurs. Plus le temps passait, plus le fantasme de faire brûler McGowan en enfer grandissait, même si je savais qu’il faisait son boulot, et qu’après cent jours avec lui, plus rien ne t’arrêtais. Enfin, nous décidâmes de faire tourner la paire, tandis que la personne qui ne l’avait pas fermerait les yeux, et se ferait guider. Magnanime, je laissai Zoé me guider en première. Grossière erreur !

Non pas que Zoé fit mal son travail, mais c’était de toutes façons tout bonnement flippant. On ne voyait rien, juste un flot noir comme toujours lorsque l’on ferme les yeux, mais la différence était que si on les ouvrait, le flot noir était remplacé par un flot blanc, qui te brûlait les yeux tel un ange démoniaque. Ne me demandez pas pourquoi j’ai préféré garder les yeux fermés… Mais à ce moment, je comprenais ce que ressentaient les aveugles, dire que ces pauvres gens étaient condamnés à vivre ça toute leur vie. Pour une fois, je remerciais le ciel pour quelque chose, et cette chose c’était de m’avoir donné la vue.

Mes mains étaient cramponnées aux épaules de Zoé, tandis que j’étais terrifiée. Je suis persuadée que j’ai dû écrabouiller les épaules de ma partenaire tellement mes mains devaient être crispées. A chaque pas, avant que je ne pose le pied au sol, elle me disait s’il fallait que je le mette ailleurs ou si c’était bon. J’espérai sincèrement que ce petit numéro n’allait pas trop nous retarder dans notre marche sur la glace. Et dire qu’on avait rêvé de glace, avec Zoé, en sortant du parcours d’obstacle suant, haletant et crevant de chaud, mais c’était plus de Häagen Dazs que de Svalbard que nous rêvions.

Vint finalement le moment où nous échangeâmes les rôles. J’étais rassurée au début, contente d’avoir des lunettes et de pouvoir voir quelque chose enfin. Mais même avec les lunettes, mes yeux mirent quelques secondes à se réhabituer à la vue. Puis je me rendis compte que le rôle qu’avait joué Zoé était loin d’être une partie de plaisir. En effet, si c’était mieux d’avoir la possibilité de voir où j’allais, j’avais tout de même la vie de ma partenaire entre les mains : à la moindre erreur de ma part, elle prenait aussi. Et je n’étais pas sûr de préférer ça. Je fis donc comme Zoé tout à l’heure, regardant où je mettais les pieds, mais surtout où elle les mettait, elle. Je lui murmurai des paroles réconfortantes, sentant qu’elle n’était pas rassurée.

En y repensant, ce PEI m’avait rapproché des autres recrues, et lorsque j’étais arrivée à CHERUB, je ne me sentais plus capable de me lier à qui que ce soit. En plus de m’avoir préparée physiquement, et donné de la résistance morale, il m’avait au final rapporté cette petite faiblesse qui fait que la vie vaut la peine d’être vécu : de l’humanité. « Ce qui est mort ne saurait mourir ». Certes, mais il peut ressusciter, et ce n’est pas notre ami Jésus qui dira le contraire. Je lâchai un sourire, heureuse d’être aux côtés de Zoé dans cette épreuve : j’aurais très bien pu être seule, si on regardait le bon côté des choses. Je me tournais vers ma partenaire, et lui dit :

-Hey, Zoé, tiens bon ! On y est presque ! Bientôt on pourra déguster un pot de Nutella à la petite cuillère et hiberner !

Et alors que je disais ça, des nuages sauveurs vinrent cacher le soleil, nous permettant de voir sans lunettes.
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MessageSujet: Re: Binôme 2: Viviane Greyjoy et Zoé Kano   Mar 29 Oct - 17:09


- La marche était longue. Et c'était encore plus long lorsque l'une des deux jeunes filles était forcée de fermer les yeux et de se laisser guider par l'autre. Zoé vérifiait à deux fois l'endroit où elle posait les pieds, et devait aussi faire attention à ce que faisait Viviane. Tout cela était donc loin d'être facile, et cela ralentissait considérablement les deux filles, en plus de les fatiguer encore davantage. Mais il leur fallait persévérer : bientôt, elles auraient leur T-shirt gris. En attendant, elles avançaient, encore et encore. La couche de poudreuse, épaisse, les ralentissait aussi, et c'était fatiguant de devoir lever haut les pieds pour pouvoir faire un pas de plus. Mais au moins, Zoé était-elle heureuse d'avoir, pour l'instant en tout cas, le meilleur rôle : elle pouvait voir, elle savait où elle allait, et si c'était épuisant de servir de vue à deux cerveaux différents, de devoir guider son amie, au moins n'avait-elle pas à devenir aveugle. Et elle devinait bien que Viviane n'était pas immensément rassurée : ses mains lui broyaient les épaules, serrant plus fort encore à chaque petite instabilité du manteau neigeux.

Et finalement vint le moment tant redoutait : les rôles furent inversés. C'était à son tour de jouer l'aveugle, de fermer les yeux et de se laisser guider. Elle aurait aimé pouvoir simplement avancer, sans se préoccuper de rien, comme elle le faisait parfois étant petite, demandant à ses amies d'école de la guider tandis qu'elle faisait semblant d'être atteinte de cécité. Elle aurait aimé pouvoir profiter de cet instant pour oublier un peu la difficulté, se contentant de s'en remettre à Viviane. En plus, elle avait confiance en sa binôme : cent jours qu'elles s'entraidaient constamment. Zoé lui aurait confié sa vie sans hésiter ; et sans crainte. Elle savait l'autre fiable, digne de confiance, et sans son amie, elle n'aurait probablement pas tenu le coup aussi longtemps ; elle n'aurait probablement pas réussi à arriver au quatre-vingt dix-neuvième jour du Programme d'Entrainement Initial. Mais elle était là à présent, et malgré toute la confiance qu'elle accordait à Viviane, Zoé était totalement incapable de se détendre alors qu'elle se privait elle-même d'un sens. D'autant plus qu'elle n'en avait pas vraiment d'autre opérationnels : son ouïe était troublée par les grosses bourrasques de vent qui lui empêchaient d'entendre vraiment, et de toute façon, ce n'était pas ses oreilles qui allaient lui permettre de savoir si elle allait mettre son pied dans un trou ou non. Il en allait de même pour son odorat parfaitement inutile dans cette situation.

Elle posa ses deux mains sur les épaules de l'autre jeune fille, et ferma les yeux en prenant une grande inspiration. Derrière ses paupières closes, elle « voyait » la lumière, comme toujours lorsque l'on a les paupières closes mais qu'une source de lumière intense se trouve devant. Elle était plongée dans l'obscurité, mais une obscurité claire. C'était un sentiment étrange, difficile à décrire réellement. Mais toujours fut-il qu'elle n'y voyait rien, absolument rien, à part les images que son imagination faisaient apparaître derrière ses paupières closes. Lorsqu'elle était ainsi aveugle – et il en allait de même lorsqu'elle se retrouvait, par exemple, dans un couloir sombre – et qu'elle pensait à quelque chose, quoique ce soit, elle avait tendance à ressentir la présence de ce à quoi elle pensait. Ce qui pouvait la rendre comme paranoïaque, par exemple persuadée qu'un dangereux meurtrier se retrouvait là, juste derrière elle, un poignard prêt à s'enfoncer dans son dos. Ou qu'un monstre maléfique, aux longues dents et aux yeux rouges, se tenait en face d'elle, attendant simplement qu'elle fasse un avant pour qu'elle ne tombe dans sa gueule grande ouverte.

Et une fois qu'elle avait commencé à imaginer des scènes semblables, elle commençait à avoir peur. Généralement, elle se retournait constamment, courait jusqu'à sa chambre, et allumait la lumière au plus vite. Mais dans le cas présent, sa chambre était un petit peu trop loin pour qu'elle ne l'atteigne aussi facilement. Elle ne pouvait donc rien faire d'autre que tenter de faire disparaître ces visions de son esprit. Plus facile à dire qu'à faire – son cœur se mit à battre plus fort, sa respiration se fit saccadée, et cela ne l'arrangea pas pour avancer. Penser à des choses joyeuses. Elle se voyait rentrer fièrement au campus, accompagnée de tous les autres, portant avec bonheur son T-shirt gris largement mérité. Elle raconterait cette dernière épreuve à une bande de rouges qui la regarderaient avec une admiration mêlée à l'appréhension de ce qu'ils allaient devoir affronter eux aussi. Elle s'imaginait lancer un dernier regard plein de mépris à Gordon, avant de retrouver une chambre et un lit confortable, dans le bâtiment principal du campus. Elle s'imaginait partir en mission, et revenir, des mois plus tard. Elle s'imaginait obtenant le T-shirt bleu marine, puis le T-shirt noir. Elle s'imaginait toutes les bonnes choses qui pouvaient éventuellement lui arriver dans le futur, elle imaginait l'avenir parfait, faisait vivre des scènes dans son esprit, revivait des moments heureux de son enfance et peu à peu, elle parvint à se détendre, écoutant les instructions de Viviane.

« Hey, Zoé, tiens bon ! On y est presque ! Bientôt on pourra déguster un pot de Nutella à la petite cuillère et hiberner ! »

La jeune fille sourit. Du Nutella... Elle avait presque oublié le goût que ça avait.

Et finalement, la source de lumière intense qu'elle voyait même à travers ses paupières closes disparut, et elle se retrouva dans une obscurité plus sombre qu'auparavant. Elle ouvrit les yeux, et alors que jusqu'à présent, à chaque fois qu'elle faisait cela, les larmes lui montaient immédiatement tant la lumière était vive, elle put voir devant elle, elle put regarder les alentours sans risquer de devenir réellement aveugle. Elle comprit rapidement la cause de cet heureux retournement de situation : de gros nuages gris venaient de masquer le soleil, permettant aux deux jeunes filles d'avancer sans devoir se protéger les yeux.

Elles purent donc reprendre un rythme plus rapide. Et peu à peu, elles se rapprochaient encore de leur objectif. Elles y étaient presque à présent... Le T-shirt gris leur tendait les bras, la réussite était toute proche...

« T'es prête ? On va bientôt pouvoir lui faire sa fête, à ce pot de Nutella... »
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MessageSujet: Re: Binôme 2: Viviane Greyjoy et Zoé Kano   Ven 1 Nov - 16:51

Zoé l’avait dit, et ça allait être vrai : on allait faire la fête à un pot de Nutella dans tous les cas. Si on obtenait notre T-shirt gris, on allait fêter notre réussite avec, et si on échouait, on l’utiliserait pour noyer notre chagrin. Mais au stade où l’on en était, j’étais plutôt confiante pour la première option. On avançait depuis une quinzaine d’heures, peut-être une vingtaine, pas le temps de vérifier pour se mettre la pression inutilement. Il nous fallait juste avancer, se concentrer sur notre objectif, et ne pas penser à un quelconque imprévu. C’était la meilleure manière de réussir.

Je m’inquiétais quand même pour les autres binômes, que l’on n’avait pas vu depuis le début, à part peut-être un duo d’ombres au loin sur un côté. Nos itinéraires étaient équivalents, mais pas similaires, c’était donc normal de ne pas les croiser, mais quand même, je me demandais si on était les dernières à cause de cet incident de lunettes, ou bien si tous les binômes avaient eu des imprévus de la sorte. Peut-être que d’autres s’étaient perdus. J’espérais que ce n’était pas le cas, on avait tenu bon durant 99 jours, ce n’était pas le moment d’échouer.

Pour me repérer dans le temps, je regardai le ciel. La nuit était tombée depuis un moment maintenant, et les étoiles étaient visibles, car le vent avait poussé les nuages. Il devait être neuf heures du soir, et on avait jusqu’à une heure du matin pour arriver. On avait encore 4 heures pour arriver au point de rendez-vous sur la côte est de l’île. Enfin ce n’était qu’une estimation personnelle, car pour regarder l’heure pour de vrai, il me fallait retirer mon gant pour regarder ma montre, qui avait sûrement gelé d’ailleurs. Et vu le froid ambiant, je préférais ne pas savoir l’heure et garder mon bras dans un état autre que glaçon.

Ce froid… J’étais persuadée que je m’en souviendrais longtemps. Déjà parce que ce serait après l’avoir affronté que j’obtiendrais mon T-shirt gris, et aussi parce que c’était la première fois que je ressentais une température aussi extrême. J’étais très surprise de me rendre compte qu’en plus d’un lit douillet, de personnes externes au PEI et de nourriture décente, c’était aussi le campus en lui-même qui me manquait. Je ne pensais pas m’être attachée autant à ces installations, ces matchs de foot contre les garçons, ces agents qui nous faisaient peur avec des anecdotes du PEI, mais c’était bel et bien le cas.

Le vent se faisait plus fort, l’air plus pur : on approchait du but. Une petite montée se dressa devant nous, que nous gravîmes et en arrivant en haut, que de surprise ! La mer s’étendait devant nous, à la fin d’une descente que nous allions faire. J’avertis Zoé, car cela allait être notre dernière difficulté : une descente pouvait entraîner chute, voire blessure, et échouer si près du but serait une cause de suicide tout à fait valable. Nous fîmes donc très attention, descendant mètre par mètre là où un pingouin se serait contenté de faire une glissade complètement épique.

En bas, nous étions à la côte, mais pas au point de rendez-vous, il nous fallait marcher un peu vers le nord pour l’atteindre. Nous longeâmes donc la mer, voyant des oiseaux au loin, ce qui consistait la première forme de vie qu’on apercevait depuis le départ de la côté ouest. La proximité à la mer était assez éprouvante car elle amplifiait le vent de manière considérable, nous avions quelques difficultés à avancer. Mais finalement, nous vîmes à une trentaine de mètres des rochers où était assis Gordon McGowan. Nous nous empressâmes de rejoindre cet endroit, et on put enfin contempler les sacs transparents qui trainaient là, avec notre nom écrit dessus. Dedans, un T-shirt gris flambant neuf.

C’était un moment de joie incomparable, intense, pure, que rien ne pouvait ébranler, nous en avions finis de cet enfer, puis de ce monde glacé, sombre et désert. Du bonheur à l’état brut. McGowan lâcha un sourire, mi sadique, mi fier, et nous félicita, nous disant que nous avions mis 21 heures et 3 minutes, et que nous étions les premières. C’étaient des félicitations qui semblaient sincères, raison de plus d’avoir peur. Gordon n’est jamais gentil avec les gens, et voir ce démon aux cheveux de flammes nous dire bravo était tout juste suspect, mais c’était le but, il nous avait appris à nous méfier de chaque détail.

En attendant, Zoé et moi étions officiellement T-shirt gris, et je venais de comprendre que ce qui est mort peut finalement atteindre le paradis.
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